mérule pleureuse

Mérule pleureuse : le champignon dévastateur qui se répand au Québec

Surnommé le cancer du bâtiment, au Québec, la mérule pleureuse est une plaie pour tous les propriétaires victimes de ce champignon dévastateur. Très répandu en Europe, ce champignon a traversé l’Atlantique pour fraîchement débarquer au Québec, dans les années 2010, afin d’y faire de nombreux ravages.

Comment l’identifier ?

Ce champignon a une préférence pour les boiseries et en particulier le pin, le sapin et l’épinette. Malheureusement, ces bois font partie de ceux communément utilisés dans les constructions des habitations. Par ailleurs, il peut traverser les joints de ciment ou les briques poreuses, mais il ne peut pas les détruire.

Selon son stade d’évolution, la mérule pleureuse prendra plusieurs apparences. Au début de son développement, elle prendra l’apparence d’un épais feutre de couleur blanche. Puis, sa couleur peut changer pour devenir beige avec, dans certains cas, des marbrures violettes ou grises.

Tout autour de cet agglomérat vont se dessiner des petits cordons destinés à acheminer l’eau dont ce champignon a besoin. Ces cordons mesurant environ 8 mm (0,3 po) de diamètre. Ils sont de couleur brune et peuvent atteindre plusieurs mètres. Ainsi, ils permettent au champignon de se développer rapidement.

Quand le champignon arrive à maturation, sa couleur centrale devient plutôt couleur rouille et son contour reste blanc. Si elle est appelée mérule pleureuse, c’est parce que de son centre, quelques fines gouttelettes s’échappent et donnent ainsi l’impression qu’elle pleure.

Quelles sont les causes de son développement ?

Elle se développe lorsque plusieurs conditions sont réunies : la présence de bois, l’humidité et le manque d’aération et de lumière. La température joue également un rôle important puisqu’elle se développe rapidement entre 20 et 25 °C. Ce qui est d’ailleurs la température moyenne de nos habitations. Lorsque la température avoisine les 30°C, sa progression diminue et, au-delà de 40°C, elle est complètement exterminée.

Attention aux émanations de substances alcalines (présentes dans les urines) qui l’aident également à se développer. Ainsi, une cave où un animal urine régulièrement, un sous-sol, un vide sanitaire ou un faux plancher peuvent réunir les conditions idéales à son développement.

Quelles sont les conséquences ?

Le bois attaqué par la mérule pleureuse devient fragile et au fil du temps perd de sa solidité au point de pouvoir s’effondrer.

Les maisons, dont les structures sont en bois et qui sont touchées par ce fléau se retrouvent en état d’insalubrité totale et leurs habitants ne peuvent plus y vivre. Certaines familles se retrouvent ainsi dans l’obligation de détruire leur maison pour pouvoir reconstruire. Et cela dans le but d’éviter au champignon de se propager aux résidences proches.

Ses dégâts se répercutent également sur la santé des habitants, même s’il n’est pas facile de distinguer les conséquences de ce champignon ou d’autres moisissures présentes au même moment dans la maison. Parmi les différents problèmes de santé engendrés, on retrouve des problèmes au niveau respiratoire. Entre autres, nez, sinus, gorge, bronches ou encore poumons.

Au jour d’aujourd’hui, le gouvernement canadien ne considère pas les sinistrés de la mérule pleureuse comme des victimes. Aucune indemnisation particulière n’est prévue. Les assureurs quant à eux ne couvrent généralement pas les frais engendrés par cette plaie.

Les victimes essaient donc de se réunir afin de réaliser une pétition et ainsi obtenir l’appui de l’état canadien.

De son côté, la société d’habitation du Québec a annoncé récemment la création d’un comité interministériel, chargé d’étudier les problèmes liés à ce cancer du bâtiment.

Le traitement

Avant d’en arriver à une invasion complète et à une destruction totale de votre habitation, il est possible d’intervenir, à la condition qu’il ne soit pas trop tard. Malheureusement, dans la majorité des cas, lorsque les propriétaires se rendent compte de sa présence, il est souvent trop tard pour agir. Pour cette raison, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel en cas de suspicion.

Suivant son état de développement, le cas sera traité de façon différente. Apprenez tout de même que le principal ennemi de ce champignon reste le feu. Un expert pourra ainsi l’exterminer avec un chalumeau. Vous risquez malheureusement de ne pas pouvoir habiter votre maison pendant quelques temps puisque ce sont des travaux d’une grande amplitude.

Pour information, les experts découvrent de nouveaux cas de mérule pleureuse une à deux fois par mois. En 10 ans de présence sur le territoire québécois, ce cancer s’est déjà attaqué à pas moins de 150 habitations.

Vérifiez bien et surtout n’attendez pas avant de faire une demande de diagnostique au risque qu’il soit trop tard!

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